Le titre porte un double sens. Parenthèse, d'abord : la pause, l'intervalle, ce moment suspendu dans le flux de la vie où le récit s'interrompt enfin pour qu'on puisse le regarder en face. Mais aussi, à l'oreille : Parents / Thèse — le sujet et sa méthode. D'un côté, la famille, ses liens, ses silences, son héritage ; de l'autre, l'examen patient de ces récits, leur déconstruction, leur mise à l'épreuve.
Depuis dix ans, je suis le détective de ma propre histoire. Je navigue entre le matériel et l'immatériel. Je relie des événements, des anecdotes, des visages, des dates, des absences. Chaque indice devient une pièce supplémentaire ; chaque pièce transforme l'image d'ensemble. J'ai été témoin de coïncidences si troublantes qu'elles semblaient relever de la preuve, de synchronicités appartenant à une trame plus ancienne que moi.
À travers cette enquête sur les vies entrelacées de mes parents, j'ai compris qu'aucune clé n'ouvre une porte innocemment. Le passé, une fois rassemblé, ne rend pas seulement le tableau plus complet : il déplace aussi celui qui l'observe. Chaque découverte devient une avancée irréversible dans la compréhension de qui je suis, et de ce dont je viens.
Parenthèse est à la fois un hommage au passé et une exploration du deuil, de la transmission et de l'équilibre fragile entre la vie et ce qui lui survit.
Depuis dix ans, je croyais enquêter sur le passé. Je comprends aujourd'hui que c'est lui qui enquête sur moi.
« Il y a une brèche en toute chose. C'est ainsi qu'entre la lumière. » — Leonard Cohen
Cette œuvre est une plongée au cœur de la mémoire, de la lumière et de la présence au sein d'un espace hautement allégorique, situé à Riyad, la ville où ma mère m'a donné la vie. J'ai choisi ce lieu empreint de poésie, évoquant la sérénité d'un mausolée, pour lui redonner vie symboliquement le temps d'un rendez-vous éphémère. L'ouverture hexagonale au plafond laisse entrer un faisceau de lumière qui traverse l'espace, traçant au milieu des ombres mouvantes son homologue immatériel fait de lumière. Ce faisceau central, ainsi que les rayons qui l'accompagnent, deviennent une métaphore de l'instant et du souvenir persistant.
La structure du plafond rappelle le cadran d'une montre, symbolisant l'écoulement du temps. Ici, la lumière du soleil joue le rôle des aiguilles, marquant chaque moment fugace avec une délicatesse particulière. Ce dialogue entre le temps et la mémoire reflète la présence intangible de ma mère, à travers cette danse entre l'ombre et la lumière, créant une temporalité fragile et divine. La symétrie de l'espace renforce cette idée de rencontre entre le divin et le terrestre. D'un côté, l'architecture et l'ouverture hexagonale laissent entrer la lumière, symbole de la présence de ma mère. De l'autre, les jeux d'ombres et de reflets forment une sorte de double, matérialisant notre connexion profonde et le paradoxe de notre relation. En habillant cette lumière centrale d'un vêtement réinterprété de sa garde-robe, je rends hommage à son élégance, tout en célébrant la lumière qu'elle continue de diffuser dans ma vie.
Cette œuvre explore le processus du deuil et propose une réflexion sur la façon dont nous nous réconcilions avec l'absence à travers des moments éphémères et poétiques de notre existence.
Les images qui suivent constituent le cœur de l'archive Mona — photographies personnelles, documents officiels, et instants saisis au fil des décennies. Chaque image est un fragment de vie, une trace matérielle du temps qui passe. Ces archives, qui couvrent cinq décennies de voyages, de moments intimes et de passages frontaliers, forment une constellation de souvenirs qui racontent bien plus qu'une simple chronologie : elles racontent une présence, une silhouette, une façon d'être au monde.