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02 / 06 SÉRIE PHOTOGRAPHIQUE 2015–2019
BEYROUTH
MON AMOUR

Cette série photographique se présente comme un cheval de Troie visuel, une démarche artistique qui vise à transcender les divisions confessionnelles qui ont longtemps marqué l'histoire du Liban.

Les villes, tout comme les individus, portent des cicatrices. Elles subsistent sur les murs et les façades, inscrites dans les rues et les pierres, traces d'histoires vécues et endurées. Les blessures de Beyrouth peuvent sembler récentes, pourtant la ville possède une capacité troublante à se reconstruire rapidement, parfois au prix de la mémoire elle-même. À une époque de plus en plus marquée par l'homogénéisation, les commerces indépendants disparaissent sous le poids des chaînes de distribution mondiales, les quartiers perdent leur singularité, et les textures imparfaites des villes anciennes cèdent la place à des tours de verre anonymes.

Beyrouth, Mon Amour est à la fois une lettre d'amour et un acte de préservation. À travers son objectif, Vladimir Antaki trouve la beauté dans la peinture écaillée, les façades usées et les murs fissurés — surfaces qui témoignent de l'histoire stratifiée de Beyrouth. Mais au-delà de la documentation de la décrépitude poétique de la ville, la série porte une ambition plus profonde : défier les frontières invisibles qui continuent de diviser le Liban selon des lignes confessionnelles.

Dans un pays composé de dix-huit communautés religieuses officiellement reconnues, la géographie elle-même devient souvent fragmentée. Les quartiers héritent d'identités, les territoires deviennent symboliques, et les divisions persistent longtemps après la fin des conflits. En réponse, Antaki photographie des façades à travers Beyrouth et les transforme en compositions visuelles rappelant les mosaïques arabes traditionnelles. À travers ce processus, les lieux d'origine deviennent délibérément méconnaissables. L'architecture est dépouillée de ses associations sectaires et réassemblée en un langage visuel unifié. Chaque façade devient un fragment d'un corps collectif plus large.

En dissolvant les marqueurs de lieu et de confession, Beyrouth, Mon Amour cherche à créer un espace où Beyrouth peut être perçue au-delà des divisions héritées. L'œuvre propose une autre manière de regarder la ville — non comme un territoire fracturé, mais comme un paysage émotionnel et culturel partagé.

À une époque où les traces physiques du passé disparaissent rapidement, la série insiste sur la nécessité de se souvenir avant que l'effacement ne s'installe. Elle réfléchit simultanément sur la mémoire, l'identité, la perte et la continuité. Ce faisant, Beyrouth, Mon Amour devient non seulement un portrait de Beyrouth, mais aussi une méditation sur ce qui unit encore son peuple malgré les fractures de l'histoire.

Beyrouth, Mon Amour a été présentée pour la première fois à l'Institut du Monde Arabe lors de la Troisième Biennale des Photographes du Monde Arabe Contemporain en septembre 2019, puis exposée en format numérique au Middle East Institute de juillet à septembre 2020.

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EXPOSITION · IMA PARIS 2019
TIRAGES / FINE ART PRINTS ÉDITION LIMITÉE
TIRAGES — ÉDITION LIMITÉE
112 × 78 cméd. 6 + 2 AP à partir de5 300 USD 150 × 100 cméd. 3 + 2 AP à partir de7 000 USD
ACQUISITION
Certificat d'authenticité signé,
sceau hologramme.

Encadrement non inclus. Cadre bois blanc
avec verre antireflet recommandé.

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